Moutarde de Dijon, gaufrette ou cornichons?
Sommes-nous devenus tellement brillants, ou stupides, que nous en sommes rendus à juger les gens par ce qu’ils mangent?
Depuis belle lurette nous entendons quotidiennement que les policiers sont des mangeurs de beignes, les pauvres se délectent du fast food et que les femmes enceintes sont friandes de la crème glacée aux fraises accompagnée des cornichons marinés.
Ce sont des généralités que l’on voudrait nous faire prendre pour des vérités et nous, serions assez dupes pour tomber dans le panneau?
Si les Tim Horton’s et Dunkin Donuts du monde ne vivaient que des petits creux des divers corps policiers, ils ne proliféreraient certainement pas autant.
S’il n’y avait que des pauvres qui dévoraient la nourriture des chaînes de restauration rapide, elles ne seraient pas si populaires.
Bon, pour ce qui est des femmes enceintes, je n’ai pas d’argument mais chose certaine je ne les jugerai pas d’après leurs habitudes alimentaires.
Et pourtant, c’est ce que certains stratèges politiques voudraient que l’on fasse avec nos politiciens.
Une campagne de dénigrement a été lancée aux États-Unis par les Républicains pour discréditer le président Obama parce qu’il a demandé de la moutarde forte pour son hamburger! Quel snob!
Au pays, les Conservateurs ont entrepris la même tactique avec Michael Ignatieff sous prétexte qu’il sauce ses gaufrettes dans son espresso. Sont-ce les gaufrettes ou l’espresso? Une gaufrette au petit déjeuner ça fait pédant, vous ne trouvez pas? Et dans un espresso en plus!
À moins que ce ne soit l’après-midi à l’heure du thé? Quelle horreur! Quelle ignominie!
Je peux, à la rigueur, comprendre les Républicains américains, dans l’opposition, qui n’ont rien à redire sur leur président nouvellement élu qui se débat comme un diable dans l’eau bénite à rebâtir une économie qu’ILS ont détruite sous le règne de W mais les Conservateurs, ici, au pouvoir, qui ne trouvent rien de mieux à faire que de tenter de faire mal paraître un opposant. Ridicule!
Leurs stratèges leur ont probablement dit que cela avait fonctionné avec Stéphane Dion et que cela devrait fonctionner avec Michael Ignatieff.
Je crois qu’ils ont oublié quelques détails mais je m’en fous, je ne veux pas vous parler de politique, je veux vous entretenir sur l’art de se tirer dans le pied ou si vous préférez, l’art de faire des mauvais choix. « Lorsque vous vous tirez dans le pied, vous n’êtes pas une victime!!! »
Depuis quand le dénigrement a-t-il le haut du pavé sur le fait de montrer ses forces, ses stratégies ses avantages? Poser la question, c’est y répondre.
On dénigre les autres lorsque l’on a moins à offrir.
Demandez à n’importe quel vendeur, démarcheur, conseiller qui se respecte et il vous le dira : déprécier la compétition c’est comme dire à son client d’aller chez lui car vous n’avez pas d’arguments valables.
« Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage! »
Toutes ces mises en scène pour jeter de la poudre aux yeux pour masquer le manque d’arguments ou de profondeur. À un moment où nous avons besoin de gens aux idées novatrices et aux esprits ouverts, entendre et lire de telles idioties me rend perplexe.
J’ai peur que cette tendance se répande dans la population comme dans les années de la grande noirceur où l’on calomniait et médisait sur tout un chacun afin de se faire une place au soleil.
Ma peur est passée, vous êtes beaucoup trop intelligents pour descendre aussi bas, je ne peux y croire.
Alors la prochaine fois que vous serez tenté de diminuer un adversaire ou un compétiteur, pensez aux « fins stratèges » et au ridicule qui les entoure et optez plutôt pour la démonstration brillante de vos talents, vos services, vos produits, vous en sortirez grandi et ce faisant, vos clients mais aussi vos compétiteurs vous respecteront.
Les cornichons ne sont pas tous dans les crèmes glacées des femmes enceintes.
« Garçon, un hamburger moutarde de Dijon et pickle, comme dessert, une gaufrette plantée dans une crème glacée à la vanille et un lait frappé aux fraises s’il vous plaît. »
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