Les maximes revisitées
Je ne sais pas si votre mère était comme la mienne? Maman nous enseignait la vie à travers les maximes, les dictons, les locutions latines et autres phrases savantes.
« Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent! » « Donnez et vous recevrez au centuple ». « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». « L’hirondelle ne fait pas le printemps… » et je pourrais continuer ainsi jusqu’à la fin de cette chronique.
Certaines d’entre elles étaient plus subtiles et je ne les ai comprises que bien plus tard comme celle qui dit : « vaut mieux donner que de recevoir » elle est devenue évidente lorsque je me suis mis à me chamailler et me battre ; il valait mieux donner des coups qu’en recevoir. Bon, je sais, elle n’est pas nouvelle mais à cheval donné, on ne regarde pas la bride.
Trêve de facéties, il y a une maxime que je me suis efforcé une grande partie de ma vie de respecter : Traites les gens comme tu aimerais être traité.
Malheureusement, je me suis rendu compte avec le temps que ce n’était pas la meilleure façon d’agir.
Il y a quelque temps déjà alors que j’étais entrepreneur en construction, je me faisais un devoir de recevoir les gens exactement comme j’aurais aimé être reçu.
Je vouvoyais tous mes clients y compris les jeunes qui n’avaient rien à foutre du vouvoiement.
Je m’efforçais de répondre à toutes leurs interrogations et je leur donnais souvent des informations qu’ils n’avaient pas demandées afin de promouvoir mes produits et services.
J’essayais en fait de devenir leur ami car tout le monde le sait, il est plus facile d’acheter d’un ami que d’un inconnu. J’ai agi de la sorte jusqu’au jour où je me suis rendu compte que mes clients n’étaient pas à la recherche d’un ami. Des amis ils en avaient, ils recherchaient plutôt les services d’un entrepreneur honnête et consciencieux à qui ils pouvaient faire confiance.
À partir de ce moment, j’ai compris que mon seul objectif à l’avenir était de combler les besoins de mes client : Traites les gens comme ils aimeraient être traités! et non comme tu souhaiterais être traité. Depuis ce temps, je tutoie ceux qui me tutoient, je réponds aux attentes des gens, je m’adapte à qui ils sont et ce qu’ils veulent et non l’inverse et les choses sont tellement plus aisées.
Dans ce monde qui défile à toutes vitesse une autre maxime qui nous vient cette fois de Jean de LaFontaine, tirée de sa fable; le lièvre et la tortue : Rien ne sert de courir ; il faut partir à point., n’a plus la même valeur symbolique lorsque l’on y ajoute la notion de changement.
Aujourd’hui, avec la mutation des entreprises et des industries, des affaires en général, il est encore plus important et vital de pouvoir s’adapter au fur et à mesure que de « partir à point ».
Loin de moi l’idée de détruire des siècles, voire des millénaires de sagesse mais parfois il est bon de revisiter les bases sur lesquelles reposent nos affaires surtout en ces temps de grande volatilité.
Des géants comme GM que l’on croyaient indestructibles il y a 30 ans sont maintenant acculés à la faillite. Peut-être se sont-ils crus indestructibles et se sont-ils laissés endormir par leurs succès passés mais si l’on veut que la maxime ; le passé est garant de l’avenir soit réalisable, il ne faut pas s’asseoir sur ses lauriers justement et continuer « comme par le passé » à innover et à progresser, ce que certains d’entre eux n’ont pas fait.
S’il y a une maxime que je voudrais voir se répandre c’est celle-ci :
Il n’y a rien de plus néfaste que de croire à l’immobilité.
Prenez le rocher percé ou le roc de Gibraltar ou n’importe lequel des rochers immenses et immuable et dites-moi s’ils bougent?
La très grande majorité des gens croient et jurent que ces rochers sont immobiles, ce qui est faux.
Tout objet, quel qu’il soit se déplace à une vitesse d’environ 1670 Km/h.
La terre ayant une circonférence de 40 075 Km tourne sur elle-même en 24 heures pour une vitesse de 1670 Km/h environ.
Alors, n’oubliez pas : ceux qui n’avancent pas reculent… enfin… |