Krill à vendre?
Nous ne pouvons critiquer la température ces jours-ci, la Coupe Rogers de tennis et les Alouettes nous comblent côté sportif, il n’y a pas encore de polémique chez le Canadien, l’économie semble reprendre du poil de la bête, il n’y a pas de crise majeure à l’horizon et nos artistes sont en vacances donc pas de potins savoureux à étaler au grand jour, bref, il n’y a pas assez de nouvelles pour éditer un journal décent. Les quotidiens sont si minces qu’ils n’arriveraient pas à partir un feu dans une grange remplie de foin sec. Bon, j’exagère encore mais à peine.
Un seul élément est venu perturbé la quiétude québécoise, la gé-guerre Québec-Montréal ou Montréal-Québec. Alain Simard veut déplacer les Francofolies de Montréal au mois de juin.
Catastrophe! Sonnez trompettes et tambours, hurlez alarmes et sirènes, aux armes citoyens! Cachez femmes et enfants, l’ennemi est aux portes!
Le maire Labaume est en beau joualvert, le maire Tremblay rigole en silence, les responsables des autres événements montent aux barricades. Seulement au Québec!
Seulement dans la belle province verrons-nous des guerres de clocher aussi minables avoir lieu.
Il ne se passe pas une journée sans que l’on n’entende parler d’un festival de la fraise par-ci, d’une fête de la mouche noire par-là, du mondial des chanteurs country, des chanteurs gospel, des chanteurs du nez. Partout au Québec nous célébrons, surtout l’été car voyez-vous, c’est le meilleur temps pour fêter.
Il y a bien des événements l’hiver mais les déplacements sont moins évidents à ce moment de l’année.
Toujours est-il que tout ce beau monde fait la baboune parce qu’un événement change de date.
Messieurs, au mois de juin Montréal-Québec se fait en moins de deux heures, c’est moins de temps qu’il n’en prend pour faire n’importe quel trajet de la banlieue vers Montréal en hiver, alors ne me faites pas suer avec vos arguments à la con.
Chaque ville, chaque municipalité, chaque village tente d’attirer les touristes bon an, mal an pendant l’été et ce depuis que nous nous sommes rendus compte que le tourisme était une industrie au même titre que la forêt, l’aéronautique ou l’automobile.
L’été ici, contrairement aux pays ceinturant l’équateur dure trois mois et si dame nature est gentille, il peut étirer ses tentacules au printemps et en automne, ce qui nous donne jusqu’à cinq mois de plaisirs festivaliers. À nous d’en profiter.
Une concertation est toujours possible mais pas nécessairement souhaitable car voyez-vous lorsqu’il n’y a plus de compétition, il n’y a pas beaucoup d’imagination.
Si nous (les francophones) avons pu survivre, c’est grâce à notre capacité d’adaptation et notre formidable créativité. Ne diminuez pas cette dernière au profit de la complaisance.
L’an dernier, Québec a rayonné de tous ses feux et nous en étions fiers, tous de partout.
Pourquoi ne pas s’inspirer de ce succès et poursuivre dans la même veine.
Les festivals ont leur public et il n’en tient qu’aux organisateurs à démontrer plus de créativité car les cinq mois disponibles sont bien remplis. Je n’aurais pas assez de place pour énumérer tous les festivals qui se tiennent au Québec et ce même si je prenais toute la page, alors il doit bien y avoir quelques dates qui se chevauchent. Je ne pense pas que le festival Western de St Tite ait à craindre une des 35 autres activités au programme au Québec en septembre.
Messieurs Labaume et Tremblay, vos gestes parlent bien plus fort que vos paroles.
Le plus -ridicule ou amusant, choisissez le mot qui vous sied le mieux- c’est que les responsables du festival de Tadoussac s’en sont mêlés. Ont-ils peur que quelqu’un leur vole leurs baleines?
Messieurs, je vous dis : « ne soyez pas inquiets et dormez en paix , à moins que vous n’aperceviez dans les journaux de Québec ou Montréal une demande de soumission pour quelques milliers de tonnes de krill».
Tiens, cela me donne une idée… Le Festival International du Chiâlage, je parie qu’on pourrait même gagner aux Olympiques. Le problème serait de savoir quel hymne national jouer… quoi que… |