L’Homme-Enfant

Il y a quelques semaines déjà, décédait Michael Jackson, aussi appelé le Roi de la Pop.
Nous avons tous vu et entendu les commentaires de milliers de gens à travers le monde, certains hargneux, mais la plupart tendres et amicaux. Un gouverneur ultra-conservateur Républicain est allé jusqu’à crier : « Cessez, c’en est assez pour ce pervers » suite aux différents hommages qui émanaient de partout, de la colonie artistique comme du milieu politique tant américain qu’international.
Michael Jackson, l’homme ne faisait pas l’unanimité, loin s’en faut, mais M.J. l’artiste, le chanteur, le danseur, la bête de scène, lui, était à nul autre pareil.
Cet homme a révolutionné le show-biz tel qu’on le connaissait. Que ce soit par ses pas de danse, ses chorégraphies, ses effets pyrotechniques ou son énergie, Michael Jackson a ré-écrit le livre du parfait  « entertainer ». Les « clips » sont devenus des films, on n’a qu’à penser à Thriller, ses chorégraphies étaient dignes des meilleurs films de Fred Astaire et Ginger Rogers, sans oublier ses « spins » et son fameux « moon walk ».
J’ai assisté à son spectacle au Stade Olympique de Montréal dans les années 80 et comme les dizaines de milliers de personnes sur place, j’ai été complètement soufflé par son talent.
Partout où il passait, il faisait un malheur. Il était, et de loin le plus grand. Il faut dire aussi qu’il était unique en son genre. Personne ne pouvait rivaliser avec le Roi de la Pop.
Puis, vinrent, ce que j’appellerai ses années noires; Mariages douteux, caprices de star, gestes irréfléchis comme celui de balancer son plus jeune au dessus du vide en Allemagne et j’en passe.
Les pires moments furent certainement les accusations à caractère sexuel portées contre lui à quelques reprises.
Pour le père de famille que je suis, je vous avoue avoir eu passablement de difficultés avec ces dernières. Même s’il n’a jamais été reconnu coupable de quoi que ce soit, notre bon vieux dicton : il n’y a pas de fumée sans feu a fait son œuvre et je dois l’avouer, j’avais pour ainsi dire renié Michael Jackson. Je n’avais pas tous les détails mais ce que j’entendais me rendait assez inconfortable pour m’en éloigner. J’étais sous l’impression qu’il était une autre de ces stars disjonctées à qui le public pardonnait tout grâce à son talent mais moi, je ne voulais pas faire partie des « groupies » inconditionnels.
Puis, j’ai lu, je me suis renseigné et j’ai écouté les paroles de ses plus belles chansons et je me suis demandé si je ne m’étais pas trompé.
Michael Jackson n’a pas eu d’enfance, tout le monde sait cela. Il a eu un père pour le moins abusif pour ne pas dire plus. Il a été confronté très jeune au système américain de vedettariat et n’a pas réellement connu la normalité. Une vie tranquille, sans histoire, une enfance ordinaire, une adolescence comme nous connaissons tous avec nos hauts et nos bas, les premiers amours, les premiers baisers, les jeux auxquels nous jouions. 
Tiens, oui, les jeux; Pourquoi se faire construire un parc d’attraction à soi?
Les esprits les plus tordus diront que c’était pour attirer les enfants, peut-être, mais si ce n’était que pour pouvoir faire comme tous les autres enfants et aller faire des tours de manège, ce qu’il n’a jamais pu se permettre avant. « Neverland » n’était-il pas le rêve ultime de tout enfant. Avoir un singe, ou tout autre animal comme compagnon de jeu n’est-il pas aussi le rêve de plusieurs jeunes?
Il adorait faire des fêtes d’enfants avec lesquels il s’amusait comme un enfant.
En fait, plus j’étudie et plus je crois que M.J. était un enfant dans un corps d’adulte.
Un enfant qui, grâce à sa fortune pouvait se permettre toutes les extravagances que les autres enfants ne peuvent se permettre mais à qui il en faisait profiter.
Aujourd’hui, je ne suis toujours pas certain à 100% d’avoir raison mais je crois à son innocence, celle de l’âme, celle d’un enfant qui n’a jamais grandi et j’ai choisi d’honorer l’œuvre de l’artiste pour ce qu’elle est. Avez-vous dans votre vie quelqu’un à qui vous portez encore rancœur?