Faire des choix en temps de crise

J’ai reçu une vidéo montrant des gens lors d’une croisière dans le grand nord qui font une excursion près d’un glacier. Ils sont une trentaine sur les bords du lac formé par la fonte du glacier. Le pourtour du lac est formé de rochers de toutes sortes et de toutes formes disséminés, çà et là donnant l’aspect surréaliste d’un lac pris entre des murs de glaces et de rochers hirsutes. Le narrateur, qui était vraisemblablement le caméraman, nous explique que depuis leur arrivée, les visiteurs entendaient des bruits suspects semblables à de minuscules explosions. Ils s’émerveillaient de voir des parcelles de glacier se détacher de ce dernier pour aller éclabousser la surface de l’eau. Les gens semblent fascinés et nous entendons des Ho! et des Ha! d’émerveillement. Puis, un craquement sourd se fait entendre sans que pourtant rien ne bouge et soudain, c’est l’éboulis. D’abord une partie semblable aux autres se détache mais elle est suivie par plusieurs autres à répétition et finalement, un immense bloc se détache. En plongeant dans le lac, il produit un raz-de-marée. Rien de comparable au tsunami de décembre 2004 en Indonésie mais assez puissant pour soulever les badauds trop près et les projeter violemment sur les rochers avoisinants. Seuls, ceux qui s’étaient positionnés sur les hauteurs et ceux qui ont eu le temps, et la présence d’esprit, de se protéger derrière les immenses rochers n’ont pas été emportés par les flots déchaînés. Heureusement, seuls quelques malchanceux ont été blessés légèrement. Par contre, même si mon surnom est : l’ours polaire, je n’aurais pas souhaité me retrouver dans un lac formé par l’eau des glaciers, l’eau, quoi que très bleue ne devait pas être à la température idéale. Je lis dans vos pensées : Où diable s’en va-t-il avec son histoire de glacier? J’y arrive. Depuis trois mois au Canada, il s’est perdu 212 700 emplois, le mois dernier seulement, ce sont 129 000 personnes qui se sont retrouvés au chômage, trois fois plus que prévu selon les experts et plusieurs s’en surprennent encore. La chose est annoncée depuis des mois, on voit les économies de partout être ébranlées par la récession mondiale et il y a encore des gens qui ne voient pas les changements qui s’opèrent. Pas de panique, on nous annonce une reprise pour la mi-2009 ou début 2010, rétorquent les optimistes! Il est bien certain que l’économie reprendra du poil de la bête mais ce ne sera pas dans tous les domaines et surtout pas de la même façon. Je l’ai mentionné déjà, ce ne sont pas tous les secteurs de l’économie qui seront aussi durement affectés mais cela ne veut pas dire qu’ils ne seront pas affectés. En fait, les industries qui le seront le moins sont celles qui auront vu venir les changement et qui s’y seront préparées. Mieux encore, les industries qui auront été des pionniers, des ambassadeurs du changement dans leur secteur auront une longueur d’avance sur ceux qui n’ont rien vu venir tout comme ceux qui anticipaient l’éboulis majeur et s’étaient positionnés en conséquence. Pour les individus qui subiront ces mises à pied, ceux qui seront préparés auront eux aussi plus de chance de mieux s’en tirer. Suivre des cours, se recycler dans un autre domaine, trouver un autre travail  chez un employeur moins affecté, avoir deux jobs, peu importe votre solution, elle sera toujours meilleure que de jouer à la victime et blâmer la récession et l’économie. Les vrais gagnants sont ceux qui savent où ils seront après la crise et ce, que vous soyez un travailleur ou un dirigeant d’entreprise. Les crises se gèrent avant qu’elles ne surviennent et non pendant qu’elles se produisent. Yvan Morin, PDG des Industries Mailhot de Terrebonne, fabriquant de cylindres et vérins hydrauliques et qui emploie 350 personnes affirme : « Il faut avoir une vision claire de l’entreprise après la crise. Nous avons déjà déterminé quelle expertise on veut avoir et estimé quelle devrait être la demande ». Maintenant à vous de choisir d’où vous souhaitez voir venir le glacier.