L’ère de la terreur

Selon les responsables de la santé publique à la sécurité civile nous en serions, en ce lundi matin 4 mai 2009, à trois cas bénins de grippe A H1N1 au Québec. Quelle horreur!
On approche même la centaine de cas, toujours bénins, au Canada. Les informations recueillies quotidiennement font le décompte par pays ou par état de la progression de la maladie.
Les avions ne décollent plus pour le Mexique et une ministre européenne bien intentionnée a laissé entendre que les États-Unis n’étaient pas très sécuritaires non plus. Étant voisins, nous sommes à quelques cas près de faire partie de la liste noire.
« Allô, docteur, j’ai mangé des bleuets du Mexique, suis-je en danger? » Bon, je déconne, je sais mais pendant ce temps des milliers de gens, partout dans le monde, sont infectés par la malaria et autres maladies toutes aussi contagieuses et nul n’en fait mention.
Est-ce moins dangereux? Non, mais tout simplement usuel. Ces maladies infectieuses sont le lot de certaines contrées dont les installations sanitaires sont parfois défaillantes et la chose étant connue, elle est surveillée, étudiée, soignée et contrôlée.
De même, il est mort ou il mourra probablement plus de gens de la bonne vieille grippe habituelle qui emporte bon an mal an des centaines, voire des milliers de personnes plus sujettes à la maladie et pour qui, la science est impuissante que de cette grippe que l’on ne veut plus porcine car elle pourrait faire du tort à l’industrie du porc.
Ce n’est pas le porc qui souffre, c’est le peuple mexicain. Pourquoi? Parce que l’on vit à l’ère de la panique, l’ère de la terreur. La Chine et Toronto avec le SRAS, l’Angleterre avec la vache folle, puis les producteurs de bœufs canadiens, les producteurs de moutons d’Écosse et d’Australie, sans parler de notre épisode de Listériose et des fromages québécois et j’en passe et des meilleures. Ces derniers se sont tous vus déclarer « Persona, produit  ou territoire non grata »
On a fait littéralement paniquer les gens.
Les terroristes, les ouragans et autres catastrophes climatiques, le réchauffement planétaire, les maladies endémiques, tout est sujet à créer la panique chez les gens.
Je veux bien que l’on me dise les mesures à prendre si jamais la maladie se retrouvait dans mon entourage ou les précautions élémentaires lors d’un voyage dans une contrée à risque mais de là à créer une paranoïa collective qui n’a en fait aucun effet bénéfique pour qui que ce soit, je crois que l’on dépasse les limites de la décence. Les mexicains auront à rebâtir leur économie touristique tout comme Toronto et certaines villes chinoises ont dû le faire après l’épisode de SRAS qui les a frappés.
À entendre les pseudo experts, nous devrions rester chez nous dans un environnement aseptisé, ne sortir que masqué, ne plus donner la main à quiconque pour ne pas contracter de maladie, ensuite je ne dois surtout pas utiliser mon auto car je fais fondre la calotte polaire et je vais éventuellement noyer la planète, je ne dois pas non plus voyager de peur de transmettre mes microbes aux civilisations reculées qui ne connaissent pas nos maladies.
Finalement, péché mortel entre tous, je ne dois plus manger de fruits ou légumes qui ne poussent pas à moins de quelques kilomètres de chez moi car leur transport nous tue à petit feu.
On se calme Bernard, on se calme; ne tombe pas dans la démagogie contraire en repoussant du revers de la main tous les efforts entrepris. Sois solidaire mais lucide.
Bon, maintenant je vais aller à l’épicerie me chercher mon repas pour ce soir. J’apporterai mon sac recyclable et je prendrai, en autant que faire se peut, des légumes qui ne proviennent pas de trop loin.
J’irai peut-être à vélo, non pas pour me déculpabiliser mais pour reprendre la forme.
Ensuite, je crois que je vais me planifier une semaine de vacances au Mexique histoire de montrer ma solidarité au peuple mexicain qui en a bien besoin.
Choix réfléchis ou geste de panique? À vous de décider.