Ce qui nous unit
Aujourd’hui, c’est la Fête des Québécois.
Oui mais qui a le droit de fêter? La question se pose puisque la semaine dernière, il y a eu un grand débat sur l’admissibilité de deux chanteurs ou groupes qui s’expriment en anglais, lors d’une fête dans le quartier Rosemont à Montréal. Sacrilège!!! Des chansons dans la langue de nos colonisateurs, de nos oppresseurs, quel affront, quel malheur, quel désastre!
Hé les colonisés en est en 2009, pas en 1837!!! Bon, je viens de me faire des ennemis, moi qui ai passé ma vie à me faire des amis, j’insulte des gens bien pensants.
Désolé messieurs-dames, mais mon intention est noble. Je ne veux en aucun cas être irrespectueux envers qui que ce soit mais là, je crois que certaines personnes ont besoin de sortir de leur état d’éternelle victime pour sentir le vent de renouveau qui embaume la planète.
Malgré certaines poches de résistance disséminées un peu partout, il flotte un vent de plus grande ouverture partout à travers le monde pour que nous soyons tous unis afin de relever les défis qui frappent à nos portes. En Iran, le peuple s’unit pour crier sa volonté, dans plusieurs pays africains, il en va de même, La Chine, la Russie, les pays autrefois « opposés » à la vision démocratique du monde se tournent vers les autres et s’ouvrent car depuis quelque temps nous réalisons que nous vivons tous sur la même planète et que celui qui lui fait du tort, fait du tort à tous.
De plus en plus nous nous tournons les uns vers les autres car c’est dans l’entraide que nous pourrons nous en sortir et non dans l’affrontement.
Que l’on souhaite que tous les québécois parlent français est fort normal et louable mais de là à faire de l’urticaire parce que des québécois viennent s’exprimer dans leur langue maternelle et fêter avec nous notre fête à tous, donc leur fête à eux aussi et ce, parce que cette langue est l’anglais me semble d’une petitesse d’esprit.
Pourquoi ne pas plutôt essayer de trouver ce qui nous rassemble, ce que nous avons en commun car ne soyons pas dupe, la très grande majorité des fêtards qui assisteront à la Fête Nationale et à toutes les fêtes de quartier, de village ou de fond de cour se remettront à écouter leur musique préférée le 25 juin et je suis prêt à parier mon dernier 2$ que les notes seront dans le merveilleux langage de la musique mais les paroles seront en anglais.
Les messages de paix, d’amour, d’entraide, de passion et de compassion sont tout aussi valables dans quelque langue que ce soit.
Je l’ai mentionné plus tôt, j’ai beaucoup d’amis pour ne pas dire énormément d’amis et certains d’entre vous qui me lisez en ce moment pensez : « et j’en suis un ou une », j’ai travaillé très fort à bâtir ces amitiés mais si j’ai pu le faire c’est en m’assurant de bien favoriser ce qui nous unit et non ce qui nous divise.
Ceux qui me lisez assidûment, vous le savez maintenant, j’ai des amis très intimes nommés Toni et Nabil. À première vue, rien ne nous unit. Elle (oui Toni est une femme) est anglophone et juive et francophile jusqu’au bout des ongles, Nabil est d’origine égyptienne, catholique et parle cinq langues, quant à moi, je suis québécois francophone mais bilingue et très peu porté sur la religion pour rester poli. Rien à première vue nous unit.
Et pour tant ce sont parmi les êtres les plus précieux que j’ai dans ma vie.
Parle-t-on de langue, de religion et autres sujets délicats? Bien entendu mais dans le respect de l’autre.
Cependant nous parlons bien plus souvent de nos affinités, de nos préoccupations communes, de nous, nos familles, nos valeurs, notre travail, en fait, de ce qui nous passionne et nous rend indispensables les uns envers les autres car voyez-vous, je ne pourrais plus envisager ma vie sans eux maintenant qu’ils en font partie.
Aujourd’hui, en cette Fête Nationale des Québécois, permettez-moi d’offrir à tous une joyeuse fête et que nous prouvions à la face du Monde entier que la terre de l’opportunité, ce ne sont pas les USA mais bien le Québec et son ouverture. Çà, c’est ce qui nous unit. |