Est-ce le début de la sagesse? Habituellement, j’écris cette chronique la fin de semaine mais comme celle-ci était très chargée, j’ai donc décidé de la faire le lundi matin. Je sais, cela ne laisse pas beaucoup de place aux imprévus mais j’en ai décidé ainsi. Ce matin, (lundi) je m’approche donc de mon ordinateur pour débuter ma chronique. Tout me semble normal jusqu’à ce que j’ouvre ce dernier. Une case électronique m’avise aussitôt que je n’ai plus de contact avec mon réseau. Mon réflexe est alors de regarder les lumières du Router car voyez-vous je n’y connais strictement rien, ou si peu, aux ordinateurs mais comme à chaque fois que j’ai un problème, tous les experts que j’ai consultés me suggèrent toujours de vérifier si j’ai toutes les lumières sur mon arbre de Noël, je le fais maintenant par réflexe. Oui, je sais je pourrais offenser quelques âmes sensibles en appelant mon router un arbre de Noël mais j’en prends le risque et l’entière responsabilité. Revenons donc à nos moutons, non pas ceux qui sont répandus autour de la crèche sous le sapin de Noël mais bien mes problèmes d’Internet. L’arbre de Noël qui habituellement clignote de ses mille feux, bon d’accord, de ses sept lumières, est soudainement bien terne avec ses deux lucioles en décembre. Tiens, l’imprimante située tout à côté s’est emballée cette nuit et s’est amusée à imprimer tout le papier que contenait son bac. Un scribouillage incompréhensible est réparti çà et là sur toutes les feuilles. Cette fois, je ne crois pas que le simple fait de débrancher et re-brancher le router fera l’affaire. Je m’essaie tout de même. Les mouches à feu passent de deux à quatre mais leur éclat leur fait horriblement défaut et l’imprimante gobe à nouveau deux feuilles. Bon, cette fois c’est la panne, la véritable, celle où je suis démuni, impuissant, sans aucune ressource. Un nouveau-né laissé à l’abandon. Que faire? Acheter un autre router est la seule solution à mes yeux mais encore faut-il aller l’acheter, l’installer et si ce n’était pas le problème? En plus, ma chronique doit être rendue au journal dans trois heures et c’est habituellement le temps que cela me prend pour l’écrire. Après une ultime tentative de tout débrancher et re-brancher sans succès, je me rends à l’évidence que je ne peux rétablir l’accès à Internet et que je dois trouver une solution. Ma chronique doit paraître, des gens comptent sur moi. Il y a quelques années, voici le scénario de ce qui ce serait produit. Premièrement j’aurais fait une sainte colère, comme dit si bien ma mère, puis j’aurais peut-être détruit le fameux router, bon j’exagère mais à peine, ensuite je me serais mis à me blâmer pour ne pas avoir rédigé ma chronique en fin de semaine alors que tout fonctionnait bien, je m’en serais pris à l’entreprise qui fabrique l’appareil et j’aurais continué cette litanie de lamentations inutiles en appelant au journal pour leur dire que « du à des circonstances incontrôlables, je ne pourrais pas livrer l’article tel que prévu » et je me serais senti légitimé de le faire tout en étant frustré de la situation. Ma réaction ce matin a été toute autre. Je me suis simplement demandé : « Quelles sont les options qui s’offrent à toi? » C’est amusant combien cette simple question a du pouvoir sur nous et notre imagination. Au lieu de me mettre en colère et de dépenser mon énergie futilement, cette question me propose d’agir de façon responsable sans me mettre dans une position de victime mais plutôt dans celle de conducteur. Bien sur, je ne peux pas plus me servir d’Internet mais la terre doit-elle s’arrêter pour autant? J’ai reçu cet événement comme un défi pour mon imagination et je dois vous avouer que la solution trouvée me laisse avec un merveilleux sentiment de satisfaction bien légitime. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, je n’aurais été qu’une victime des circonstances frustrée et malheureuse. Alors, s’il vous arrive parfois de vous sentir comme une victime frustrée et malheureuse essayez la formule. Qu’avez-vous à perdre? |
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