C’est de ma faute!

Bon, les deux premières chroniques furent plutôt orientées vers la théorie. Cette semaine, je me propose d’être plus terre à terre. Je ne veux pas vous parler de politique, je laisse ces sujets aux amateurs de 110% qui aiment débattre et s’obstiner, pour ne pas dire s’engueuler. J’aimerais vous parler cependant d’un événement qui est intimement relié à la politique; la vidéo du Chef de l’opposition officielle à Ottawa qui répliquait au Premier Ministre dans son adresse à la nation. Je ne vous parlerai ni du contenu, ni des opinions énoncées de l’un ou de l’autre, simplement de l’objet, la chose : la vidéo.
Comment a-t-on pu montrer une telle horreur à la population? À cette question, on m’a répondu : « Ils (les libéraux) n’avaient pas le choix! » Non mais faut-il être culotté pour répondre une telle ineptie! Au contraire, ils avaient une multitude de choix meilleurs que ce dernier mais Stéphane Dion, car si je m’abuse, c’est lui qui avait le dernier mot dans les circonstances, a choisi de laisser diffuser cette catastrophe médiatique. Pour mon plaisir, et peut-être le vôtre aussi, je vais vous énumérer certains choix qui se présentaient au Parti Libéral et à son chef.
Premièrement, voyant le résultat, il aurait pu reprendre l’enregistrement. Après tout, cela ne durait que trois minutes environ. Et si ce que nous avons vu était la septième ou la vingtième prise, hé bien faites-en une autre et une autre jusqu’à ce que la chose soit présentable.
Une deuxième possibilité aurait été de lui faire lire un texte. Rien de compliqué, pas de période de question, pas d’intervention extérieure. Une caméra, un caméraman, monsieur Dion et son texte.
Une autre possibilité aurait été de faire le tout en groupe avec les autres chefs et de permettre quelques phrases à chacun. Comme il s’agissait d’une coalition, c’eut été tout à fait normal et le risque d’erreur s’en trouvait diminué d’autant. Il aurait pu aussi être entouré de ses collaborateurs pour lui assurer leur soutien mais j’ai bien peur que certains n’auraient pu s’empêcher de sourire en le voyant ainsi bafouiller. Je suis persuadé que vous avez aussi une multitude d’autres possibilités auxquelles vous pensez mais je terminerai l’énumération des options avec celle-ci : Je sais que les stratèges libéraux, comme les conservateurs d’ailleurs, préféraient avoir un message enregistré afin d’avoir un meilleur contrôle, une meilleure image de leur chef mais avouons que cette fois l’équipe libérale s’est joyeusement plantée. Il aurait été beaucoup plus intelligent de faire parler monsieur Dion en direct quitte à ce qu’il fasse quelques erreurs plutôt que de nous présenter cette vidéo qui prouve hors de tout doute que cette fois, du côté du Parti Libéral du Canada, personne n’a fait le bon choix. Le plus terrible dans cette histoire, à mon point de vue, est que personne ne s’est levé pour dire : «  je suis responsable de ce gâchis, j’ai fait une erreur ». On va faire enquête… nous allons trouver les raisons pour lesquelles… Ce n’est pourtant pas compliqué. Si j’avais été dans la position de monsieur Dion, JE n’aurais jamais accepté que cette vidéo soit diffusée et J’aurais fait face à la musique.
Faire des choix, c’est accepter les conséquences de ces derniers.
Un choix n’est un choix que lorsque nous l’assumons pleinement.
Au moment d’écrire ces lignes, je m’apprête à faire un choix. Dans quelques instants, je vais aller voter. Pour la première fois depuis que j’ai le droit de vote je me demande si cela en vaut bien la peine car depuis plusieurs années maintenant je me rends compte que peu importe qui est élu, le nouveau gouvernement blâme celui qui l’a précédé et qu’en fait les politiciens modernes, sauf quelques exceptions, ont le blâme bien plus facile que le repentir et le sens des responsabilités.
À quand le(la) prochain(e)  politicien(ne) charismatique qui prendra l’entière responsabilité de ses gestes et respectera sa parole que je vote pour lui ou elle?