L’Amitié
Selon moi, l’amitié est le plus beau et le plus noble des sentiments.
Mercredi dernier, le Club Richelieu Repentigny m’honorait en m’intronisant au Cercle Horace-Viau, reconnaissance qui porte le nom du fondateur du Mouvement Richelieu : le Dr. Horace Viau.
Vous dire à quel point j’en ai été ému et honoré me prendrait tout l’espace de ma chronique et encore. Je tiens par contre à vous emmener dans un voyage un peu particulier, celui qui m’a mené là où je suis.
Tout jeune, je souffrais d’une très grande timidité et cette dernière me ralentissait dans ma quête d’amis. Qui veut d’un ami qui n’est pas capable de soutenir votre regard ou qui ne se mêle pas à vos conversations et discussions?
Avec le temps j’ai compris que lorsque je me rendais utile, les gens m’approchaient plus volontiers sans que j’aie à faire d’efforts pour entrer en contact avec eux.
Je venais de découvrir comment me faire des amis. J’ai aussi développé un sens de l’humour qui ne plaît pas à tous, certes, mais qui me permet encore d’agrandir mon cercle d’amis. J’y ai travaillé jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, jusqu’à développer une seconde nature; je voulais que tous ceux que je rencontre deviennent des amis.
Je me suis rendu compte après maints déchirements que tous ne veulent pas nécessairement devenir mes amis et maintenant, je vis bien avec cette notion.
Je dis maintenant car il fut un temps où j’en ai été malheureux comme les pierres.
En 2007, lors d’un congrès de conférenciers tenu à San Diego, mes amis Toni, Nabil et moi avons fait une découverte passionnante. Dan Burrus, un des orateurs invités, nous a présenté ce concept qui veut que nous ayons tous plusieurs talents mais un seul don. Les talents peuvent être multiples et variés mais le don est unique et représente l’essence même de qui nous sommes au plus profond de notre être.
De plus, il avait ajouté que nous serions probablement les moins bons juges pour trouver notre don mais que nos amis intimes et sincères n’auraient aucune difficulté.
C’est réellement fascinant et je vous promets de vous en reparler lors d’une prochaine chronique.
Toni, Nabil et moi avons donc passé une très grande partie du temps dont nous bénéficiions à trouver nos dons respectifs. Résultat, selon eux, mon don est ma capacité ou ma facilité à tisser des liens d’amitié. J’ai protesté, contesté, probablement par orgueil, ayant espéré avoir un don plus « glamour » pour me rendre à l’évidence suite à leurs arguments convaincants qu’ils avaient raison.
J’aime foncièrement les gens et je leur veux du bien, c’est ancré en moi comme mon ADN.
Je me suis demandé pourquoi car comme ce n’était pas le cas à l’origine, j’ai dû développer ce désir, cette façon de faire qui me distingue.
J’avais demandé à prendre la parole pour remercier les gens de l’honneur qui m’était fait et on m’a accordé deux minutes, ce qui est peu dans mon cas mais je n’avais qu’à bien choisir mes mots.
Et c’est tant mieux car cette réflexion m’a mené à une révélation surprenante mais d’une grande logique. Je me fais des amis par égoïsme.
J’ai réalisé au fil du temps que mes amis avaient des valeurs, des qualités, des comportements, pour ne pas dire des dons, que j’admirais et je recherchais.
L’amitié a ceci de particulier, nous déteignons les uns sur les autres et le temps fait en sorte que nous nous imprégnons des valeurs et qualités des autres à leur simple contact.
J’aimerais donc remercier tous les amis pour avoir fait de moi l’homme que je suis. Vous avez été pour moi, tous autant que vous êtes, des modèles que je me suis efforcé d’imiter afin de m’améliorer constamment et pour ce, je vous en serai éternellement reconnaissant.
Choisissons-nous nos amis, sommes-nous choisis par eux, ou peut-être est-ce une voie à deux sens?
Je n’en sais rien. Je sais cependant que celui qui a des amis possède une richesse infinie.
Chers lecteurs, dites à vos amis combien vous les aimez, ils vous le rendront au centuple. |